En Inde, des Dalits se libèrent par la musique

Les Dalits — les Intouchables ou Harijans — représentent un peu plus de 15 % de la population indienne. Ils sont considérés comme des hors-caste et font l’objet de toute sortes de brimades.

Pour s’en sortir, certains se lancent la chanson, à l’instar de Ginni Mahi qui rencontre un succès certain.

Ginni Mahi a grandi en entendant des histoires de famille sur les nombreux interdits qui frappaient sa communauté dalit au village. Devenue chanteuse, la jeune Indienne a choisi de défendre cette identité avec sa musique pop.

« Qu’y a-t-il à cacher ? », lance cette femme de 18 ans en recevant l’AFP dans son petit studio d’enregistrement, au fond d’une ruelle poussiéreuse de la banlieue de Jalandhar, dans l’État nord-indien du Pendjab.

« Je suis une Chamar et j’en suis fière », déclare-t-elle, en référence à ces Dalits — anciennement appelés « intouchables » — chargés du ramassage et de l’équarrissage des animaux morts.

Cette communauté est considérée comme inférieure aux castes définies par les textes hindous. Les Dalits sont historiquement marginalisés et cantonnés aux métiers ingrats, malgré l’interdiction faite par la Constitution indienne de discriminer quelqu’un en fonction de sa caste.

Dans ses chansons aux paroles rebelles sur fond de musique pop pendjabi, Ginni Mahi exalte la fierté de ses racines, son espoir en l’avenir et défend la lutte des siens contre l’oppression du système des castes. « Les Chamars sont plus dangereux que des armes », scande-t-elle dans l’un de ses clips les plus connus.

Ses chansons sont devenues virales l’an dernier en Inde, en réaction à plusieurs incidents de violences commises contre des Dalits. Au Gujarat (ouest), quatre jeunes avaient été flagellés publiquement à coups de barre de fer, accusés à tort d’avoir tué une vache — animal sacré pour les hindous. Quelques semaines plus tard, une femme dalit enceinte était passée à tabac par des hommes armés de bâtons.

« Je veux être la voix de ces exploités », dit Ginni.

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