A Cappella (Han Gong-ju)

Affiche de Girl at My DoorA Cappella est le premier long-métrage du Sud-Coréen Lee Su-jin.

Le film est sorti en Corée du Sud le 4 octobre 2013 et est dans nos salles depuis le 19 novembre de cette année. Il a été présenté en France, en 2014, au Festival du film asiatique de Deauville. Il a de plus été présenté à Paris dans le cadre du Festival du film coréen à Paris (FFCP) le mois dernier.

A Cappella a reçu de nombreuses récompenses et nominations, notamment deux Awards au Festival international du film de Busan 2013 et trois Lotus à Deauville, cette année.

Synopsis

« Han Gong-ju, une jeune lycéenne, se retrouve impliquée malgré elle dans une histoire sordide. Délaissée par ses parents et contrainte de s’inscrire dans un autre établissement, elle emménage chez la mère d’un enseignant. Victime des circonstances et n’ayant rien à se reprocher, Gong-ju doit tout faire pour éviter d’attirer l’attention sur elle… Mais un jour, Eun-hee, une nouvelle camarade de classe qui fait partie du club de chant a capella du lycée, découvre les prédispositions de Gong-ju au chant et décide de lui proposer d’intégrer la chorale. »  (source : Fiche du Festival du film asiatique de Deauville)

Dans son premier film, Lee Su-jin fait une critique du système scolaire sud-coréen. Dans cette société, les résultats sont mis en avant et la vie des lycéens au second plan. Il y a une pression énorme sur la jeunesse sud-coréenne, et ce depuis le plus jeune âge. De plus, les parents étant prêts à tout pour le futur de leurs enfants, ils sont capables de fermer les yeux devant l’attitude de ces derniers.

Le cinéaste sud-coréen s’est inspiré de faits divers pour nous parler de Han Gong-ju, une jeune fille qui, après son agression, a pu s’en sortir. En effet, elle est obligée de changer de lycée après les faits. Après avoir été abandonnée par sa famille, l’éducation et la police, elle est obligée de ne compter que sur elle-même.

Les détails du passé de la lycéenne sont dévoilés au fur et à mesure du film. On fait alors face, après les mentions des faits par son entourage, à ce qui s’est réellement produit.

Finalement, Lee Su-jin met en avant les effets liés au système oppressant de son propre pays : on peut citer la honte, le stress, ainsi que la réputation. Il devient alors préférable de se taire que de dévoiler la vérité. Cela mène vers le suicide, qui est perçu comme la seule échappatoire.
La Corée du Sud est justement tristement célèbre pour son taux de suicide. La relation avec l’exigence demandée à la jeunesse sud-coréenne est souvent faite.

Réalisation

L’histoire se déroule en partie dans la nouvelle école de la lycéenne et en partie en ville. Il y a un grand contraste entre le jour où elle est avec des filles de son école qui souhaitent mieux faire sa connaissance et le soir où l’on ressent pleinement sa solitude.

Le sentiment de malaise est accentué par les flash-back donnant de plus en plus d’informations sur ce qui s’est réellement passé.
De plus, malgré l’âge des acteurs, leur jeu fait passer le scénario pour une histoire vraie. On peut ainsi féliciter Chun Woo-Hee pour sa prestation, qui a d’ailleurs été mise en avant au niveau international.

J’ai trouvé le film vraiment beau. L’histoire est bien ficelée et le jeu d’acteur fait croire à l’adaptation d’un fait divers sur grand écran. Ici, on est loin du divertissement, mais plutôt de la réflexion. Après le visionnage, l’estomac est retourné.
À la fin de l’avant-premier au FFCP, le réalisateur, qui était présent a dit qu’il souhaitait « faire réfléchir le public en s’imaginant à la place de la jeune fille ». L’objectif est atteint.

Merci au FFCP pour l’accréditation ainsi qu’à Publicis Cinémas pour les projections. 


A Cappella (Han Gong-ju/한공주)

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