A Girl at my Door

Affiche de Girl at My DoorA Girl at My Door est le premier long-métrage de la Sud-Coréenne July Jung. Elle a étudié à la Korea National University of Arts à Séoul et y a participé à un concours, mais n’a pas été retenue. C’est alors que le réalisateur et producteur Lee Chang-dong, professeur dans cette même école et à qui l’on doit Poetry (récompensé au Festival de Cannes en 2010), trouve son histoire intéressante. Il lui propose donc de travailler avec lui.

Le film est sorti en Corée du Sud le 22 mai de cette année et sera dans nos salles le 5 novembre prochain. La première a eu lieu à Paris aujourd’hui dans le cadre du Festival du film coréen à Paris (FFCP).

Ce film a été sélectionné au Festival de Cannes 2014 (Un certain regard).

Synopsis

« Suite à un incident, Young-nam, jeune policière de Séoul, est transférée dans un petit village côtier. Dès son arrivée, elle croise Dohee, une adolescente dont l’allure renfermée l’intrigue. Dans ce nouvel environnement, Young-nam fait la connaissance du beau-père de Dohee, un homme violent et alcoolique exploitant des travailleurs immigrés. Pour protéger Dohee des mauvais traitements de son beau-père, Young-nam l’héberge chez elle. La jeune femme découvre alors les différentes facettes de la personnalité de Dohee… » (source : Fiche du Festival de Cannes)

Malgré le fait que A Girl at My Door soit son premier film, July Jung signe ici un drame poignant. D’une part grâce, comme mentionné précédemment, à son producteur Lee Chang-dong, et d’autre part, grâce à sa distribution. Lee Chang-dong a en effet réalisé des films ayant rencontré un grand succès en Corée du Sud ainsi qu’en France. Il intéressant de noter qu’il a été fait chevalier de la Légion d’honneur en 2006. Quant à la distribution du film, citons Bae Doo-Na, qui a joué The Host et Cloud Atlas etKim Sae-ron qui, à 14 ans, a déjà fait sensation il y a 5 ans à Cannes dans Une vie toute neuve. Ces deux actrices sont très crédibles dans leur rôle et nous donnent l’impression de regarder un film tiré d’une histoire vraie. On peut aussi mentionner Song Sae-byuk qui, ayant pourtant pour habitude de jouer dans des comédies telles que The Servant et The Suck Up Project : Mr. XXX-Kisser, joue ici le rôle d’un père alcoolique et agressif.

July Jung nous présente divers sujets tout au long de son œuvre parmi lesquels l’alcool et la violence familiale sont les principaux. La réalisatrice aborde aussi la place de la femme au sein d’un monde masculin, les différences entre les régions rurales et urbaines ainsi que d’autres sujets tout au long du film.

L’histoire lève le voile sur une femme arborant l’uniforme tourmentée par la solitude. Au fil de l’histoire, nous voyons le lien tissé entre cette dernière et une adolescente maltraitée par sa famille. L’une se découvre mère et l’autre découvre une mère.

Le scénario nous montre de plus le contact de la policière et des habitants du village où elle a été récemment transférée.

Au final, July Jong nous plonge dans une histoire éprouvante, abordant des sujets plus répandus qu’on ne le pense.

Réalisation

Malgré le rythme lent du film, les scènes s’enchaînent bien. La majorité d’entre elles se déroulent en extérieur : l’histoire étant située à la campagne, nous découvrons ainsi une autre facette de la Corée du Sud, loin de la métropole de Séoul. On remarque ainsi la différente façon de vivre entre l’ultramoderne capitale et la campagne engluée dans les traditions.

Les images sont superbes. La réalisatrice fait usage de gros plans de manière récurrente. Grâce à la profondeur de champ, notre regard se focalise sur les visages. Chaque plan des dialogues ressemble à une œuvre d’art.

J’ai personnellement beaucoup aimé le film, qu’il s’agisse de la réalisation ou du scénario. J’ai en revanche trouvé que la succession, voir l’addition des thèmes transforme le film. En effet, commençant avec la mutation à la campagne, nous prenons ensuite conscience de la particularité de l’adolescente. Le scénario s’entremêle par la suite dans de nombreux autres thèmes ; l’histoire devient alors très (trop ?) dense. Le film reste tout de même plaisant à regarder et très touchant. Et ce, du début à la fin.

Merci à Anaïs Monnet de Le K pour l’invitation ainsi qu’au club Marbeuf pour la projection.


A Girl at My Door (Dohee-ya/도희야)

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