Dogen Zenji, grand maître de l’école Soto

Eihei Dōgen (永平道元?), Dōgen Kigen (道元希玄?, soit Dōgen rare mystère) ou maître zen Dōgen (道元禅師, Dōgen Zenji, est né Dōgen est né le 19 janvier 1200 à Uji (il y a 760 ans), près de Kyōto. Il est le plus grand maître de l’école Sōtō du bouddhisme zen, qu’il introduisit au Japon depuis la Chine.

Son père Michichika appartenait au clan des Minamoto et était descendant de l’empereur Murakami (947-967).

Dogen

Par la profondeur et l’originalité de sa pensée, Dōgen est souvent considéré comme le plus grand philosophe du Japon et l’un des plus importants penseurs de toute l’histoire du bouddhisme, l’égal de Nagarjuna.

Un des aspects les plus originaux de sa pensée concerne sa conception du rapport de la partie avec le tout. Selon Dōgen, on ne peut saisir la réalité des choses que sous une forme déterminée. Ainsi, la vérité bouddhique ne peut apparaître que sous une forme déterminée. Chaque partie de la totalité du monde représente cette totalité sous une forme particulière. On peut donc saisir tout l’univers à travers la présence d’un seul brin d’herbe, à condition de saisir toute la nature de ce brin d’herbe. La présence d’un brin d’herbe peut donc représenter la vérité bouddhique. Cette conception s’applique aussi au temps. Le temps n’apparaît lui aussi que sous une forme déterminée appelée instant. La conception successive du passé/présent/futur est illusoire. Seul l’instant présent est réel. Par conséquent, chaque instant, aussi bref soit-il, « re-présente » le temps dans sa totalité sans qu’il soit nécessaire d’attendre d’autres instants. La vérité bouddhique du temps est le temps tel qu’il est, le présent instantané, maintenant.

Fukan Zazenji, par Dōgen (1233).

Fukan Zazenji, par Dōgen (1233).

Un instant qui représente tous les instants, un brin d’herbe en présence qui représente tous les êtres symbolisent la vérité bouddhique d’une manière beaucoup plus adéquate que par le langage. La vérité bouddhique est donc toujours plus ou moins en conflit avec les expressions conceptuelles qui tentent de l’exprimer. C’est pourquoi les différentes expressions de cette vérité à travers l’histoire ne sont que différentes expressions de ce conflit.

La pensée de Dōgen Zenji est la forme la plus radicale prise par les philosophies de l’ici et du maintenant. C’est pourquoi, si on l’épouse, elle représente à sa manière toutes les philosophies de la présence. Au Japon surtout, l’œuvre de Dōgen a été comparée à divers auteurs occidentaux (Saint Augustin, Maître Eckhart, Merleau-Ponty, Sartre, Derrida, Heidegger). Le rapprochement entre Dōgen et Heidegger permet de comprendre pourquoi l’œuvre de ce dernier a suscité un grand nombre d’études au Japon.

Il construisit le premier monastère zen véritablement indépendant du Japon en 1236. À Kosho-ji il commença la rédaction des premiers chapitres de son œuvre monumentale : le Shōbōgenzō, (« le Trésor de l’œil de la Vraie Loi »), quatre-vingt-quinze chapitres qui contiennent l’essence de sa vision philosophique et religieuse.

Dōgen continua à écrire et à pratiquer le zazen jusqu’en 1252 où, âgé seulement de cinquante-deux ans, il tomba gravement malade. Il se rendit à Kyōto pour se faire soigner, sans succès. Il s’éteignit le 22 septembre 1253 au temple de Takatsuji.

(Source : Wikipédia.)

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