En Mongolie, la petite école dans la prairie, symbole de l’amitié avec la Corée du Nord

L'école d'Altanbulag au lever du jour, le 13 février 2015

L’école d’Altanbulag au lever du jour, le 13 février 2015.

Voici une curiosité qui se niche depuis 1961 dans la steppe mongole : une école financée par… la Corée du Nord. Improbable, mais bien réel, car Pyongyang continue de s’impliquer dans la rénovation de l’établissement !

Depuis plus de 50 ans, des écoliers des steppes venteuses de Mongolie cirent les bancs d’une école édifiée par un improbable mécène : l’isolée, désargentée et énigmatique Corée du Nord.

Une photo du père fondateur du pays-ermite, Kim Il-Sung, veille sur une salle de classe de cette bâtisse jaune de deux étages, symbole d’un temps où les deux pays marchaient au même pas, rouages de la grande machinerie communiste lors de la Guerre froide.

Depuis, les deux pays ont suivi des voies radicalement différentes.

La Mongolie, ancien satellite de l’URSS, a surfé sur la vague postcommuniste qui a déferlé sur l’Europe en 1989 et est désormais une dynamique démocratie. La monolithique Corée du Nord, devenue puissance nucléaire, s’est à l’inverse enfermée dans sa solitude.

Mais les liens du passé perdurent. En témoigne, outre des relations diplomatiques sereines entre Oulan-Bator et Pyongyang, l’intérêt constant de la Corée du Nord pour « son » école de Mongolie.

Des écoliers dans une salle de classe, le 13 février 2015 à Altanbulag.

Des écoliers dans une salle de classe, le 13 février 2015 à Altanbulag.

Situé à Altanbulag, dans la province de Töv (nord-est), l’établissement compte aujourd’hui quelque 300 élèves âgés de 6 à 18 ans, certains logés en dortoirs pendant que leurs parents nomades font paître leurs élevages dans la steppe.

Deshigiin Chuluunbat, le directeur, se remémore la construction de l’école : c’était en 1961, huit ans après la Guerre de Corée. La Mongolie, en soutien à Pyongyang, avait expédié en Corée du Nord chevaux et nourriture, avant de recueillir des orphelins de ce pays.

« La Corée du Nord, en retour de cette aide, a bâti cette école », explique M. Chuluunbat.

Cinq décennies plus tard, les officiels nord-coréens y font toujours une visite annuelle, une habitude qui perdure malgré le rejet par Pyongyang de la voie démocratique suivie par la Mongolie.

Pyongyang a rénové la salle de physique en 2012, année du centenaire de la naissance de Kim Il-Sung, en y apposant au passage des plaques en coréen et en mongol frappées du nom du « Président éternel » et le portrait de ce dernier au-dessus du tableau noir.

« Les gens du village n’ont aucune idée de la politique de la Corée du Nord, assure M. Chuluunbat. Ils n’y portent pas le moindre intérêt. Ils pensent juste que c’est bien de coopérer et d’obtenir d’eux une belle école ».

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