L’ONU lance un appel de fonds pour financer le tribunal chargé de juger les Khmers rouges

Le Vice-Secrétaire général de l’ONU, Jan Eliasson, a lancé un appel, jeudi 7 novembre 2013, lors de la conférence des donateurs pour les Chambres extraordinaires des Tribunaux du Cambodge (ECCC, Extraordinary Chambers in the Courts of Cambodia), qui s’est déroulée à New York, aux États-Unis, pour financer ce tribunal chargé de juger les dirigeants Khmers rouges accusés de crimes graves, et qui se heurte à de graves difficultés financières. Jan Eliasson a déclaré : « Nous sommes tous d’accord pour reconnaître qu’il ne saurait y avoir d’impunité pour les crimes qui portent atteinte au fondement même de notre humanité commune. Mais nous devons faire davantage qu’être d’accord. Nous devons faire correspondre nos paroles à des actes », ajoutant : « Les paroles ne paient pas les factures. Si nous ne payons pas les factures, nos déclarations resteront vaines. Nous laisserons alors tomber les millions de Cambodgiens qui ont vu leurs parents mourir, ont survécu à des atrocités et vivent encore avec un désir ardent de voir la justice rendue. Nous décevrons les générations futures qui se tournent vers l’histoire pour y trouver la preuve que la justice peut triompher de la violence ». Les Chambres sont financées sur la base de contributions volontaires. Toutefois, au cours des dernières années, le financement a chuté de manière significative et les fonds disponibles ne permettent plus de couvrir les frais de fonctionnement de la Cour. Pendant des mois, le personnel a travaillé sans salaire et en septembre 2013, il s’est mis en grève. En vertu d’un accord avec l’ONU, le gouvernement cambodgien s’est engagé à verser un montant supplémentaire de 1,8 million de dollars pour couvrir les salaires du personnel national d’ici à la fin de 2013. Le vice-secrétaire général de l’ONU a conclu : « Le Secrétaire général et moi-même sommes profondément préoccupés qu’un projet d’une telle importance puisse échouer, faute de l’appui financier nécessaire. Une éventualité aussi fatidique et humiliante – sans précédent dans l’histoire de la justice internationale – équivaudrait à l’abdication de certains de nos principes et valeurs les plus fondamentaux ».

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