De Bâmiyân à Palmyre, voyage au cœur des sites du patrimoine universel

Affiche de l'exposition

Sous le patronage de l’UNESCO se tient, du 14 décembre 2016 au 9 janvier 2017 l’exposition De Bâmiyân à Palmyre propose une immersion au cœur de quatre grands sites archéologiques en danger : l’ancienne capitale du roi Sargon à Khorsabad (Irak), Palmyre (Syrie), la Mosquée des Omeyyades de l’ancienne ville de Damas (Syrie) et le Crac des Chevaliers (Syrie). Un ensemble d’œuvres majeures provenant de ces sites menacés, ainsi que d’extraordinaires vues anciennes, peintures et photographies conservées au Louvre ou dans d’autres collections françaises, complètent cette expérience qui a pour ambition de sensibiliser le grand public à la notion de patrimoine en danger.

Palmyre

À propos de Palmyre

Oasis : Le site de Palmyre (ancienne Tadmer/Tadmor) est situé au nord-ouest du désert syrien. Dès le IIe millénaire av. J.-C., ses nombreux sources et puits permettent aux bédouins de s’approvisionner en eau et en sel. C’est aussi un lieu de convergences important de plusieurs pistes du désert. Au premier millénaire, des routes en plein désert voient le jour. Palmyre devient alors une véritable plaque tournante, relais entre l’Arabie, la côte méditerranéenne, la Syrie, l’Anatolie et la Babylonie.

Temple de Bel : Construit sans doute vers 32 apr. J.-C., le temple voué au dieu Bel est l’un des monuments emblématiques de la ville de Palmyre. Édifice colossal, son style est la synthèse des influences gréco-romaine, perse et proche-orientale. Le 30 août 2015, le site est détruit par le groupe Daech.

Temple de Baalshamin : Baalshamin est le dieu phénicien des cieux. Le temple qui lui est dédié à Palmyre fut bâti à partir de 17 ap. J.-C., et est ensuite agrandi par Hadrien en 130. Comme le Temple de Bel, il réalise la synthèse entre les canons architecturaux gréco-romains et levantins. Le 23 août 2015, le site est détruit par le groupe Daech.

Religion palmyrénienne : Le panthéon de Palmyre présente une juxtaposition de divinités d’origines diverses, mais fondamentalement issues du Proche-Orient. Dans un premier groupe se trouve la triade divine avec, à sa tête, Bol (le « Seigneur ») assisté de divinités solaire (Yarhibol) et lunaire (Aglibol). Un autre groupe associe des dieux de la côte méditerranéenne (Baalshamin), mais aussi d’origine babylonienne (Bel, Nergal) et arabe (Allat). Les dieux iraniens ou grecs tiennent, quant à eux, une place secondaire dans ce panthéon.

Zénobie : Épouse du « chef de Palmyre » Odénat, sûrement d’origine égyptienne, Zénobie est traditionnellement associée à Palmyre. Après l’assassinat de son mari et de son fils en 267 ap. J.-C., elle se trouve seule avec son plus jeune enfant. Les titres d’Odénat ne lui étant pas transmissibles, elle entre en conflit avec l’empereur romain Aurélien à partir de 271. L’empereur finit par s’emparer de Palmyre, capture Zénobie et l’envoie à Rome pour son triomphe, où l’on perd enfin sa trace.

Khorsabad

À propos de Khorsabad

Sargon II : Sargon II règne de 721 à 705 sur l’Assyrie. Les circonstances de son accession au pouvoir demeurent obscures, il n’était sûrement pas l’héritier légitime du trône. Roi guerrier, il mène de nombreuses campagnes, notamment contre ses rivaux au nord et nord-ouest de son pays, l’Urartu et la Phrygie. Reconnu comme roi en Babylonie, c’est aussi un souverain bâtisseur : il entreprend en 717 à 707 la construction d’une nouvelle capitale, Dur-Sharrukin/Khorsabad (« la forteresse de Sargon »), en Irak du Nord.

Époque néo-assyrienne : En Assyrie, période historique comprise entre le IXe et le VIe siècle avant notre ère.

Capitale : Aucun texte cunéiforme n’indique pourquoi Sargon décida de se construire une nouvelle capitale et de délaisser le site de Kalhu (actuelle Nimrud), pourtant résidence des souverains assyriens depuis Assurnasirpal II (883-859). Khorsabad se trouve à 15 km au nord de Ninive, c’est une création ex nihilo. À la mort de Sargon II, son fils et successeur, Sennachérib, transfère la capitale à Ninive. Néanmoins, la ville continue d’être partiellement occupée, comme en attestent des archives du VIIe siècle.

Palais : Le palais de Sargon est l’une des plus grandioses créations assyriennes. Bâti à cheval sur la muraille, au nord de la ville, il occupe une superficie de 10 ha, et se trouve sur une terrasse qui domine la ville de plus de 10 m. L’édifice est divisé en deux parties : la zone officielle (babanu) et la zone privée (bitanu). La zone officielle est bien connue pour ses décors de bas-reliefs montrant, par exemple, l’acheminement de bois de cèdre utilisé pour la construction du palais.

Taureaux ailés : Les génies colossaux des palais assyriens, parmi lesquels les taureaux androcéphales ailés, ont deux fonctions. L’une symbolique, consistant à garder les passages des portes, et l’autre, architecturale, visant à assurer le maintien de leur voûte. Les taureaux ailés sont l’expression la plus impressionnante de la sculpture assyrienne. Taillés dans le ‘marbre de Mossoul’, ils mesurent plus de 4 m de haut. Près de 30 paires de taureaux ont été identifiées à Khorsabad.

Le Site de la Grande Mosquée des Omeyyades de Damas

La Grande Mosquée des Omeyyades se trouve à Damas, la capitale de la Syrie. Elle se situe au cœur de la ville, au croisement du « cardo » et du « decumanus », les deux axes principaux de la ville, à l’emplacement d’une basilique dédiée à saint Jean-Baptiste. Aujourd’hui encore, la mosquée abrite un petit édicule renfermant

les reliques du saint. Le plan de la mosquée est alors tout à fait nouveau, s’inspirant du plan basilical des églises byzantines. L’édifice est remarquable tant par ses proportions harmonieuses que par son ampleur : 157 mètres de long et 97 mètres de large.

Malgré les incendies qui la ravagèrent — celui de 1893 fut terrible — la Grande Mosquée de Damas est assez proche de son état originel. Édifiée entre 705 et 715, elle avait pour fonction d’accueillir les croyants pour la prière du vendredi, mais également de témoigner de la puissance de la dynastie omeyyade. Depuis

l’avènement de cette dynastie en 661, Damas était en effet la capitale de l’Empire islamique.

Voyageurs et historiens médiévaux restaient abasourdis par la richesse de son décor, très certainement réalisé par des artisans byzantins.

Tandis que les parties basses des murs sont revêtues de placages de marbres, les parties hautes étaient tapissées de mosaïques à fond d’or, dont une partie seulement subsiste.

Lors de la restauration de la mosquée au début du XXe siècle, des parties importantes de ce décor de mosaïque, jusqu’alors caché sous un épais enduit, furent redécouvertes.

Chronologie

  • 661 : Damas devient la capitale de du monde islamique.
  • 705-715 : Construction de la Grande Mosquée par le calife omeyyade Al-Walid Ier.
  • 1401 : Prise de Damas par Tamerlan, la mosquée est incendiée et pillée.
  • XVIe-XVIIIe siècle : À l’époque ottomane, les mosaïques sont enduites de chaux.
  • 1893 : Un incendie ravage l’édifice. Les mosaïques apparaissent par endroits.
  • 1904-1910 : L’édifice est restauré.
  • 1928 : Les mosaïques sont restaurées sous la direction de l’architecte Lucien Cavro (†. 1973) et un important décor de mosaïques est mis au jour.

Le site du Krak des chevaliers

Le « Krak » ou forteresse des chevaliers est sans doute l’exemple le plus significatif de l’architecture militaire au Proche-Orient pour la période des Croisades. Ce château fort, l’un des mieux conservés de cette période, domine le paysage environnant, juché sur la montagne du Djébel Ansariyeh dans le prolongement septentrional du mont Liban, à l’ouest de l’actuelle Syrie. La forteresse aujourd’hui visible fut construite par les Chevaliers Hospitaliers qui l’occupèrent entre 1142 et 1271. Elle témoigne ainsi de cette présence franque durant les États latins d’Orient. Les Mamelouks, dynastie arabe qui mit fin définitivement à cette présence latine, réinvestissent ensuite le château pour le transformer légèrement en château de résidence, avec un hammam et un aqueduc. À la différence des autres châteaux forts de la région, et notamment de son voisin, le château de Saladin, plus connu sous le nom de Qal’at Salah El-Din, il subit miraculeusement peu de dommages au cours des siècles.

Ni les invasions timourides de Tamerlan en 1400-1401 ni l’installation d’un village au début du XXe siècle ne transformèrent fondamentalement le lieu. Entre 2012 et 2014, le château a été le terrain d’affrontements et a subi plusieurs bombardements. Malgré certaines parties gisant au sol — piliers et arches —, l’édifice semble aujourd’hui globalement préservé.

Chronologie

  • 1031 : Installation d’une garnison kurde sur le site qui prend le nom de « Forteresse des Kurdes ».
  • 1099 : Première croisade.
  • 1110 : La forteresse passe aux mains des Francs, sous l’autorité du comte de Tripoli.
  • 1142 : La gestion et l’entretien de la forteresse sont confiés à l’ordre militaire des Hospitaliers, et deviennent le « Krak des chevaliers ». Elle est agrandie à plusieurs reprises et peut accueillir plusieurs milliers d’hommes.
  • 1271 : Forteresse imprenable, le Krak finit par céder aux attaques du sultan mamelouk Baybars qui contraint les assiégés à se rendre par la ruse.
  • 1920 : Lors de l’établissement du protectorat français, le Krak n’est plus qu’un village fortifié, son importance stratégique ayant disparu en même temps que les États latins.
  • 2012-2014 : Siège de la rébellion, le site est bombardé à plusieurs reprises avant d’être repris par l’armée syrienne.

Voir aussi : « Dans les pas des Bouddhas effacés de Bamiyan »


Grand Palais, Galerie sud-est (Paris)
3, avenue du Général Eisenhower
75008 Paris

Entrée gratuite

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