Il y a 100 ans, le paquebot André Lebon témoin du séisme du Kanto au Japon

Mis en service en 1915, le paquebot André Lebon mesure 161 mètres de long. Il est affecté par les Messageries Maritimes à la ligne dite d’Extrême-Orient. French Lines & Compagnies, Fourni par l’auteur

François Drémeaux, Université d’Angers

Il est 11 h 58 à Yokohama. Le temps est lourd et chaud, un typhon approche sur l’océan. Sur le port, on s’affaire autour du paquebot français André Lebon. Soudain, la terre tremble. Par deux fois, pas plus d’une minute. « Le navire a été secoué de mouvements frénétiques », rapporte le commandant Cousin. « Presque toutes les amarres ont été rompues comme des brins de fil ».

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Comment les sons de la ville sont devenus de la « musique urbaine » dans le Japon des années 1920

Osaka au début du xxe siècle. (MeijiShowa | Alamy)

Martyn Smith, University of Sheffield

Des distributeurs de billets, des ascenseurs et des escalators qui parlent. Des jingles dans les grands magasins, les gares, les supermarchés et les galeries marchandes. Des avertissements par haut-parleurs sur les dangers du bus ou du train, superposés aux sirènes, aux klaxons des voitures, à la circulation et aux piétons. « Pour une culture qui accorde une grande importance au calme », a écrit un jour le journaliste américain Daniel Krieger, « le Japon peut parfois être très bruyant ».

Le militant antibruit japonais Yoshimichi Nakajima parle des gens qui « marinent dans le bruit ». Il affirme que la passivité et l’ignorance sont au cœur de la relation de son pays avec la pollution sonore. Les Japonais ne font pas attention au bruit, dit-il, ils le remarquent à peine.

Si la pollution sonore est un problème contemporain, la manière de la mesurer, de la contrôler et même de la définir fait depuis longtemps l’objet d’un débat au Japon. Mes recherches montrent que c’était particulièrement évident dans les débats au sujet du langage utilisé pour discuter du paysage sonore urbain dans les années 1920 et 1930.

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L’art d’Istanbul prend vie dans un hommage à la beauté intemporelle de la ville

Réalisée à partir d’images collectées à Istanbul, la courte vidéo Takrar — de l’arabe « répétition » — est une célébration envoûtante de l’héritage multiculturel et séculaire de la ville en matière d’art, de design et d’architecture. Réalisé par le cinéaste allemand d’origine syrienne Waref Abu Quba à partir de quelque 2 900 photographies prises en deux ans, ce court métrage en animation en volume contient des images de motifs islamiques, ottomans, grecs et byzantins. Accompagné d’une bande sonore vivante et percutante, le travail d’amour d’Abu Quba constitue un hommage fascinant à la beauté intemporelle et à la riche histoire de la ville.

Réalisateur : Waref Abu Quba

Musique : Alex Story, Robbe Kiecken

Le corps et la beauté dans l’Aïkido : du singulier à l’universel

Tamura sensei et Alain Peyrache. Blog d’Alain Peyrache.

Serge Dufoulon, Université Grenoble Alpes (UGA)

« Les mouvements de l’Aïkido sont souples comme ceux de la nature, car ils sont emplis de kokyu-ryoku. Ils augmentent la puissance physique, améliorent la santé et la beauté du corps. » Nobuyoshi Tamura

Après s’être inclinés sur le bord du grand tapis (tatami) du dojo délimitant l’espace sacré de la pratique, les aïkidokas prennent place sur le tapis sur lequel se pratique l’aïkido et les différents arts martiaux. Ils sont maintenant alignés à genoux (seiza) face au mur d’honneur (kamiza) sur lequel est accroché le portrait du maître fondateur de la discipline O’Sensei Moreihei Ueshiba.

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Pour les bouddhistes tibétains, les enterrements dans le ciel sont sacrés. Pour les touristes, ils sont une curiosité morbide

Les relations entre le Tibet et la Chine sont tendues depuis des siècles. Cependant, l’invasion du Tibet par la Chine en 1950 et la répression du soulèvement tibétain de 1959, qui a conduit le Dalaï-Lama à fuir en Inde, ont marqué un tournant définitif. Depuis lors, la migration des Chinois Han — la majorité ethnique de la Chine — et l’afflux du tourisme mondial dans la région ont entraîné d’importants empiétements et remises en cause de la culture bouddhiste tibétaine traditionnelle.

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Le Portugal a volé les terres et les récits de Goa. Ne pourra-t-il jamais les restituer ?

Aujourd’hui État situé sur la côte sud-ouest de l’Inde, Goa a été, de 1505 à 1961, une colonie portugaise, et n’a été officiellement rattachée à l’Inde par le Portugal qu’en 1974. Dans sa méditation dense et lyrique sur la terre de ses ancêtres, l’artiste et chercheur indo-américain Suneil Sanzgiri combine des reconstructions en 3D, des documents d’archives et des séquences documentaires plus traditionnelles pour explorer les questions complexes de l’exploitation, de l’identité et de la libération à la suite de siècles de colonisation qui marquent encore le paysage de Goa. Troisième d’une « série d’œuvres sur la mémoire, la diaspora et la décolonisation », Golden Jubilee (2021) est une œuvre cinématographique expérimentale provocante et souvent obsédante, qui bouleverse les récits eurocentriques tout en rejetant les tropes familiers et les réponses faciles à chaque instant.

Réalisateur : Suneil Sanzgiri

Ville de Goa de l’Atlas de Braun et Hogenberg, 1600 (domaine public).
«  Plan de Goa » (1750), Goa. PREVOST D’EXILES, Antoine François. « Histoire générale des Voyages, ou Nouvelle Collection de toutes les Relations de Voyages par Mer et par Terre, qui ont été publiées […] Avec les mœurs et les usages des habitans, leur Religion, leur Gouvernement, leurs Arts et leurs Sciences, leur Commerce et leurs Manufactures; pour former un système complet d’histoire et de géographie moderne […]« . Paris: Didot, 1746-1789. (Domaine public)

Comment l’épidémie de caméras-espionnes en Corée du Sud affecte-t-elle les femmes qui en sont victimes

Au cours des deux dernières décennies, des caméras vidéo de plus en plus petites, une explosion de la pornographie sur Internet téléchargée par les utilisateurs et en grande partie non modérée, ainsi que des failles dans l’application de la loi, ont donné lieu à une épidémie de pornographie par caméra-espionne en Corée du Sud. Pour de nombreuses femmes, la moindre ouverture dans les stores d’une fenêtre ou le moindre interstice dans le mur d’une salle de bains peut causer un traumatisme et bouleverser leur vie. Le court métrage documentaire Open Shutters du réalisateur sud-coréen Youjin Do raconte la puissante histoire de la journaliste Jieun Choi qui, alors qu’elle faisait un reportage sur l’omniprésence inquiétante de la pornographie par caméra-espionne dans le pays, a découvert qu’elle était elle aussi une victime. Le film place l’histoire de Choi dans le contexte d’un vaste mouvement visant à obtenir justice pour ces crimes, dont les auteurs masculins sont rarement tenus de rendre des comptes. Ce faisant, le film soulève des questions plus larges sur l’égalité des sexes, la vie privée et l’application de la loi à l’ère numérique.

Article paru en anglais.

Réalisateur : Youjin Do
Site web : Field of Vision

Secrets de beauté au Japon

D. R.
Affiche de l’exposition. Noter que les dates ont été changées à cause de la pandémie. (D. R.)

La Maison de la culture du Japon présente la seconde partie de son exposition inédite, dédiée au maquillage et aux coiffures de l’époque Edo (1603-1868). Elle présente au total 150 estampes, réparties en deux volets, et 60 objets dédiés aux rituels de beauté des femmes. Après un premier volet fin 2020, écourté dû à la crise sanitaire, nous retrouvons le second, exposant de nouvelles estampes.

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